jeudi 28 octobre 2010

Lettre rapport Pronovost

Honorable Claude Béchard
Ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation,
Cabinet du Ministre
200 Chemin Sainte-Foy, 12e étage
Québec G1R 4 X6

Monsieur le Ministre,
                                      Aujourd’hui, à la Foire Projet Écosphère,  du lac Brome,  j’ai entendu parler Roméo Bouchard,  auteur, en faveur du Rapport Pronovost à propos duquel vous prendrez la décision de l’accepter ou de le rejeter d’ici deux mois au maximum.
                                     M. Bouchard a fait un historique de l’agriculture au Québec depuis 1950. IL y avait alors 140,000 fermes autosuffisantes mais insuffisamment industrialisées ce qui a été corrigé mais trop bien : il n’en reste que 25,000 et quelques unes fortement industrialisées , gagnent le gros magot et reçoivent d’énormes subventions. Les autres  survivent très mal. De nombreux suicides d’agriculteurs montrent une difficulté réelle et reflètent que l’agriculture est un désastre . Il n’y a pas que l’erreur boréale… Les cours d’eau sont au-dessus de l’eutrophisation. L’agriculture est responsable de 80% de cette pollution. Plusieurs études font des liens entre les pesticides et les maladies, notamment chez les enfants et particulièrement des maladies à caractère neurologiques.
                                     
                                               Le Rapport Pronovost  a su écouter démocratiquement  les gens qui ont présenté 600 documents. C’est un rapport « génial » selon monsieur Bouchard, c’est-à-dire simple, équilibré, complet et intelligent. Ce rapport a besoin que le public s’exprime en sa faveur,   pour que le Gouvernement l’entérine.

                                   L’orientation générale est de redéployer l’agriculture sur tout le territoire pour stopper la disparition des fermes et le déclin des campagnes. De réorienter le soutien financier  vers les fermes à dimension humaine et aux pratiques écologiques, à la transition vers le biologique, la production différente.  D’assouplir la mise en marché collective adaptée aux productions de proximité, incluant les régions périphérique. Établir des zones agricoles sans OGM, l’étiquetage obligatoire- enfin- , si demandé par tout le monde, diminuer les pesticides et les antibiotiques de croissance . La santé collective coûtera moins cher, ce que pensent les médecins pour la survie globale que j’ai vus hier à leur rencontre s’intitulant  «  L’heure est venue.   Guérissons la planète. Donnons-nous un avenir viable et pacifique ».
                             Je désire des aliments produits à proximité et si possible biologiques mais pas trop chers, parce que produits par des agriculteurs locaux soutenus financièrement. Le Rapport Pronovost s’il est accepté me le permettra.
                               J’appuie fortement le Rapport Pronovost et je vous demande s’il-vous-plaît de l’accepter complètement et de le mettre en pratique dans son entièreté. … Non, pas aux tablettes!
Claude Saint-Jarre, MSS.  Boucherville.

               
27-09-09

QUESTION POUR LA SÉCURITÉ CIVILE.

Je me suis intéressé au bogue de l’an 2000 lorsque je demeurais à Saint-Hubert. Il y avait alors une incertitude en rapport avec des effets possibles sur les ordinateurs et les puces électroniques à l’occasion du passage à l’an 2000. Il y a eu des préparations des systèmes informatiques d’une  telle intensité ,  que peu d’inconvénients se sont manifestés.  Nous devrions en tant que société  adopter la même attitude en ce qui concerne le pic du pétrole, tout en sachant qu’il ne s’agit pas cette fois des ordinateurs à programmer mais d’une question énergétique à  envisager, puis à gérer.
     J’avais organisé une réunion d’informations à la bibliothèque municipale avec quelques experts, pour informer la population. La sécurité civile était présente.
     En ce qui concerne le pic pétrolier,  c’est-à-dire la fin de la première moitié de l’ère du pétrole,  il y a aussi une incertitude, mais différente : on sait ce qui va arriver, mais on ne sait pas quand.  On en a une vague idée : dans 10 ou 20 ans, il pourrait y avoir près de 50% de mois de pétrole de disponible  à cause du tarissement  des réserves ,  de la consommation de masse en Chine et en Indes et du fait que les pays producteurs en garderont beaucoup plus pour eux. Nous dépendons du pétrole pour tout : du loisir à l’habitation, au transport, à la pharmacologie, aux plastiques, à l’industrie, à la production de nourriture etc.
     Or, ça prend 10 ans, de préférence 20, pour faire une transition d’une énergie à une autre au niveau d’une société. ( Rapport Hirsch).
     La Suède est le seul pays à avoir décidé d’être indépendant du pétrole en 2020. Les villes d’Oakland, de Portland aux Etats-Unis, et Hamilton au Canada, on fait un plan pour se passer du pétrole.
     J’aimerais que la sécurité civile manifeste ses intentions quant à la préparation de plans en cas d’urgences ou des pénuries énergétiques que pourraient créer une augmentation du prix à plus de 160$ le baril ou  une diminution de la disponibilité en  pétrole,  subie,  avec ou sans préparation préalable des différents palliers des gouvernements , ET  ou de la population.
    Comme l’indique un livre américain, «  The Long Emergency », ce pourrait être une longue urgence si l’on ne se prépare pas dès maintenant pour piloter la descente énergétique  à venir, plutôt que la subir. Un livre peut quider : Oil depletion protocol et un site internet : http://energypreparedness.net

Claude Saint-Jarre,  Boucherville. stjh@videotron.ca
09-09

QUESTION POUR HYDRO-QUÉBEC.

Nous sommes déjà dans le pic pétrolier, selon  plusieurs auteurs géologues, dont Colin Campbell. Le pic se définit comme suit : c’est le point correspondant approximativement à la moitié de l’extraction des réserves d’une région donnée, à partir duquel  la production diminuerait en s’accompagnant d’une augmentation  du prix du pétrole et probablement d’une incapacité de répondre à la demande. ( selon le site Institute of Science in Society dans l’article Le tarissement des réserves de pétrole.)
     Si donc, dans 10 ou 20 ans la quantité de pétrole qui nous parvenait  était diminuée de moitié ou plus, comment ferait Hydro-Québec pour entretenir le réseau de transport d’électricité? La population pourra –t elle recevoir le service et si non comment pourrait  -t- elle se protéger?  Des solutions collectives ou individuelles?
     Hydro-Québec y pense –t- elle? A-t-elle un  plan de communications?
      L’Institut Post Carbon  supporte les gouvernements désirant se préparer, par son site Internet Post-Carbon Cities ainsi que Oil Depletion Protocol.
Claude Saint-Jarre, Boucherville.
08-09

POUR UNE BIEN MEILLEURE QUALITÉ DE VIE.(2)

Dans la préface du livre «  Fritz Schumacher Précurseur d’une économie non-violente, Albert Jacquard écrit que… «  L’aveuglement des économistes a été particulièrement désastreux; ils ne songent qu’aux moyens d’accélérer la «  croissance », sans voir qu’elle nous conduit à l’abîme.
     L’honneur de leur corporation a été du moins sauvé par l’un d’eux, Fritz Schumacher; sa vie entière a été au service du nécessaire sursaut de la lucidité. »
     Auteur des livres à très grand succès Small is Beautiful et A Guide for the Perplexed, traduits en français,  Schumacher  nous proposait de vivre sans guerre et de vivre de nos revenus plutôt que sur le capital. ( épuisement des combustibles fossiles).  Ardent défendeur de la science et de la rationalité, il demandait néanmoins un développement intérieur, une évolution du niveau de conscience pour régler nos problèmes urgents.
     J’ai traduit en 1984 un manifeste international  signé par 2000 personnes – que j’ai signé- et publié à 100,000 exemplaires. «   À la croisée des chemins »  disait que nous faisons une transition rapide, profonde, universelle, peu médiatisée, de l’ère industrielle à une autre que le manifeste nommait l’ère des communications mais qui peut s’appeler autrement. Durant cette transition qui durera encore quelques décades, nous avons l’opportunité et la capacité de co-créer un futur positif. Le texte s’insère dans le livre «  Alternatives d’ici et d’ailleurs », éditions du fleuve, disponible dans notre bibliothèque municipale. Le document faisait deux constats pertinents à ce  que nous vivons maintenant : nous atteignons les limites écologiques de la planète par notre développement et plusieurs ressources non renouvelables atteignent un déclin.
     Ces jours-ci, il y a beaucoup de critiques du dogme de la croissance économique. Il y a apparemment moyen d’être prospère sans croissance économique. Voyez par exemple dans Internet : www.décroissance.org  Puis il y a bien sûr le chaos climatique causé surtout par la combustion des combustibles fossiles. Il y a de plus le tarissement des réserves de pétrole nommée le pic pétrolier. Google vous pointera où. Oakland et Portland  et Hamilton ont fait un plan pour s’affranchir du pétrole d’ici 20 ans, le temps qu’il faut pour faire une transition sociétale de ce type et de cette envergure, ce qui implique que cela commence maintenant. Enfin, il existe un mouvement de transition de villes et de communautés vers la société post-pétrolière composé de 1000 initiatives et 180 villes environ pour le moment. Il y a un cadre de références exprimé dans le livre «  Transition Handbook » que les éditions Ecosociété publieront bientôt probablement, en français,  où il y a un bel équilibre entre la tête, le cœur et les mains, c’est-à-dire l’action. Le mouvement considère qu’il est essentiel que l’utilisation du pétrole diminue maintenant énormément pour affaiblir les changements climatiques, que le pic pétrolier prévu pour de 10 à 20 ans rendra inévitable cet impératif et que son cadre de référence permet justement : a : de le faire, b : de façon viable, c : de façon attirante, plaisante, démocratiquement, avec un plan à concevoir et exécuter pour manoeuvrer la descente énergétique à venir avec autant de créativité que nous en avons eue pour manœuvrer son ascension depuis les débuts de l’ère industrielle.
     Ce serait le fun que Boucherville  et le Bouchervillois(E)s soient prêts.  Pour se renseigner : www.villesentransition.net  et www.transitionnetwork.org
Claude Saint-Jarre, Boucherville.

POUR UNE BIEN MEILLEURE QUALITÉ DE VIE.

     Grâce à ses livres « Small is Beautiful » et « A Guide for the Perplexed », feu Fritz Schumacher nous a enseigné à vivre avec plus de conscience et rationnellement,  sans guerre et sans entamer nos ressources non renouvelables dont ce cher pétrole.
     Il y a un livre à la bibliothèque municipale s’intitulant «  Alternatives d’ici et d’ailleurs » qui insère un manifeste international qui parlait en 1984 de la transition que nous vivons de l’ère industrielle à une nouvelle ère encore à nommer, durant laquelle nous avons l’opportunité et la capacité de co-créer un futur positif. Le manifeste pointait du doigt entre autres caractéristiques de notre temps, celles-ci : nous atteignons les limites écologiques de la planète dans notre développement et des énergies non renouvelables déclinent.
     Aujourd’hui, nous entendons parler de décroissance économique, du chaos climatique, du tarissement des réserves de pétrole et de transition à l’époque post-pétrolière.  Les organisations «  Post Petrol Cities » et «  Oil Depletion Protocol » appuient les initiatives.
     Or, il est impératif de réduire la consommation des combustibles fossiles pour affaiblir les changements climatiques. Le pic pétrolier le fera inévitablement d’ici 10 à 20 ans. Cela s’appelle de la décroissance; nous avons avantage à piloter la descente énergétique plutôt que la subir. Pour le faire élégamment,  et de façon viable, il ya  déjà un réseau international qui sert de modèle. Dans l’espace francophone : www.villesentransition.net et www.transitionnetwork.org
     Pour que Boucherville et les Bouchervillois(E)s soient prêtes,  réunissons-nous.
Claude Saint-Jarre


08-2009

Le Plan B ( oucherville).

      Le matin du 17-07-09, jour de congé, je suis à l’ordinateur, et sous le coup d’une impulsion, je pitonne sur Google , «  Lester Brown », ancien Président du World Watch Institute, qui publie annuellement un «  Etat du monde ». Depuis, Lester Brown a fondé son Earth Policy Institute et a publié un important livre  en 2007: «  Le plan B Pour un pacte écologique mondial. »
      J’ai déjà parlé du pic du pétrole, dans ce journal, mais je cherchais une personne de notoriété internationale considérée crédible et je crois que Lester Brown en est une, et ce,  en vue de satisfaire la curiosité intellectuelle du lecteur. Sur le site de :  Earth Policy Institute, je vois la table des sujets de ce livre que l’on peut lire en anglais gratuitement. Dans la première partie, i l y a un chapître qui s’intitule : Au-delà du pic du pétrole. Il y a des traductions. Je regarde en français et j’arrive à un site : Geopolitik qui offre un grand nombre de chapîtres traduits. Puis je sui  dirigé dans le site Good Planet.info qui parle de Lester Brown..  À l’item «  bonnes pratiques », je vois  «  Villes en transition », l’initiative dont j’ai fait mention dans l’article s’intitulant «  Le pic pétrolier, les changements climatiques et nous ». J’y lis : Plusieurs dizaines de villes en Angleterre et maintenant aux  Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande ont mis en place un programme communautaire de réduction des énergies fossiles appelé «  Transition Towns ». Ce mouvement a vu le jour en Irlande, puis a été développé à Totnes dans le Devon en 2006 par Rob Hopkins, un environnementaliste anglais. Ces municipalités explorent  toutes les solutions pratiques de réduction locale de la dépendance énergétique de la ville.  Concrètement, les habitants créent des jardins communautaires, réparent les vieux objets, pratiquent le troc , réduisent les déchets ou les recyclent, etc. De nombreux échanges et conférences ont aussi lieu localement visant à recueillir toutes autres idées innovantes. » Donc il y a un lien direct entre Lester Brown et les Villes en transition.
      Encouragé par tout cela je pars à la recherche du livre «  Le plan B Pour un pacte écologique mondial. »  La librairie l’Odyssée ne l’a pas mais  j’y décèle un excellent livre de Jean-Marie Pelt : «  C’est vert et ça marche », rempli de belles solutions collectives dans tous les domaines dont la santé,  le traitement naturel de l ‘eau contaminée, le transport, une alternative pour les plastiques etc.  Ceci, pour augmenter la fameuse résilience , définie comme la capacité de se reconstruire ou , pour les êtres humains, de surmonter les épreuves qui auraient pu les briser. Une référence au bas d’une page attire mon attention : l’auteur a beaucoup aimé un livre : « 80 hommes pour changer le monde. «  Je le trouve chez Renaud-Bray ainsi que le «  Plan B » en format de poche à petit prix. Je me mets à lire!
     Ce livre est aussi un petit trésors de références en solutions. Lester Brown y est mentionné. Le fondateur du mouvement slow food, lit-on, «  s’attache à démontrer qu’on ne peut être écolo  sans être bon vivant . Et surtout d’être bon vivant sans être écolo… » François Lemarchand rejoint l’analyse de ce dernier sur la nécessité de reconnecter les populations urbaines avec les campagnes.  Il essaie de faire avec ses magasins Nature et Découvertes  redécouvrir la nature à  des populations citadines.  Monsieur Lemarchand pense que : nous entrons dans une ère de richesse de l’être.  Cela me donne l’idée qu’il pourrait y avoir ici un restaurant qui offre des aliments d’ici,  préparés gastronomiquement par un étudiant d’ici à l’Université du goût ,créée  par slow food,  dont l’objectif  est de former  l’étudiant(E) à la gastronomie et à l’agro-écologie respectueuse des traditions du terroir. Cela pourrait attirer  un nouveau tourisme ici.
     Jean-Marie Pelt conclue son livre en critiquant l’idée de la croissance infinie dans la sphère économique- comme Albert Jacquard et Fritz Schumacher- et plaide en faveur d’une évaluation qualitative du développement  qui tient compte de la solidarité, à la sobriété des riches dispensant aux pauvres un peu plus de prospérité dans le respect de la nature et de la vie.
     Sa conclusion me fait faire un lien avec un autre livre d’Albert Jacquard : «  Mon utopie. »
    Ce lien supporte l’invitation que je vous faisais, de participer collectivement à une préparation de Boucherville à une ère post-pétrolière. « Apporter à tous les humains le niveau de vie actuel des Européens nécessiterait plus de ressources que n’en peut fournir la Terre. C’est donc, dès maintenant, non pas seulement une croissance zéro comme l’avait proposé le Club de Rome, mais une décroissance de la consommation des plus riches qui est nécessaire.
     Cette perspective n’a rien de sombre ,  à condition qu’elle soit accompagnée d’un développement des activités qui ne détruisent pas les richesses de la planète, notamment toutes celles qui sont générées par les rencontres entre les humains. Ce sont alors les critères permettant de décrire la santé des sociétés qui doivent être redéfinies.  Il faut non seulement tenir compte de la production, comme le fait le célèbre PNB, mais aussi d’évoquer d’autres sources de satisfaction- accès aux soins à l’éducation, à la justice- et, pourquoi pas, le bonheur. »
     Voilà pour un-demi 17 juillet.   Ainsi, préparer et exécuter ici un plan de descente énergétique  ou encore de transition énergétique  sans pétrole– à la fois pour s’affranchir de la dépendance aux combustibles fossiles en  sérieux déclin et pour affaiblir le chaos climatique- peut s’effectuer dans la joie… tout un plat! De plus sur le plan individuel, autant de solutions sont disponibles comme nous le montre par exemple, la permaculture, une  philosophie multidimensionnelle pratique pour un monde au-delà du pétrole.
     Donc, participer ensemble à faire de Boucherville,  une «  Ville  en transition post pétrole » , avec un horizon de bonheur en  tête, ça vous tente?  Un site francophone : www.villesentransition.net
 Si oui, rejoignez-moi! Merci. Claude Saint-Jarre, Boucherville  450-645-0626
   08-2009 

Se nourrir sans pétrole: un défi.

Un élan me pousse à écrire cet article. Deux nouvelles médiatiques ont contribué à créer chez-moi une soupe de sentiments : la tristesse, la colère, l’impatience,, la frustration.  En effet, j’ai appris qu’au Canada, 40% de la nourriture achetée aboutit aux ordures; également  Moisson Montréal annonçait qu’il n’y a plus de nourriture, ou presque.. Ridicule et décourageant, en plain pays d’abondance. Eh oui, un problème d’abondance. On nage en plein paradoxe.
                Si j’y ajoute le fait qu’à cause du type de gestion «  just in time delivery » qu’adoptent nos supermarchés, nous sommes à 9 repas de la famine. Bien sûr, il faudrait des réserves de nourritures nationales , régionales et familiales pour deux ans, mais, outre et en attendant que  cette sagesse soit mise en pratique, nous devons produire mieux notre nourriture, et le faire sans pétrole.       
                Quoi?, me dites-vous? Oui, par ce « nous », je signifie que la proportion  de ceux et celles qui produisent la nourriture doit s’agrandir énormément. De plus,  en disant sans pétrole, j’entends que nous aurions avantage à se départir de notre dépendance à cette drogue dure qu’est le pétrole, avant qu’il nous lâche. Les livres «  Soil not Oil » de Vananda Shiva et « Eating Fossil Fuels » de Allan Pfeiffer, démontrent que nous mangeons littéralement du pétrole, puisque les fertilisants, les herbicides, les pesticides que notre type d’agriculture emploie, sont à base de pétrole. Or, il y a le pic du pétrole que nous aurions atteint selon plusieurs géologues anciennement au service des pétrolières, ou bien qui sera atteint bientôt selon d’autres. Le pic du pétrole, signifie que nous entrons dans la consommation de la deuxième moitié des carburants fossiles disponibles.  Cela veut dire que d’ici trois ans à trente cinq ans- selon les opinions-, nous aurons à notre disponibilité une bien moins grande quantité de pétrole et à un prix beaucoup plus cher , parce que les pays producteurs en gardent pour eux, l’Inde et la Chine en consomment beaucoup plus, et que les gros gisements s’épuisent. Les coûts d’extraction montent en flèche parce que c’est plus difficile. Les livres de Normand Mousseau vous renseigneront là-dessus. Selon le rapport officiel américain Hirsch qui a étudié cette question, elle est très sérieuse. Il faut dix ans et de préférence vingt, pour faire le passage à un autre type d’énergie, pour une société. Alors, c’est maintenant que nous devrions logiquement commencer même s’il y a une certaine incertitude qui flotte.  L’agriculture sans pétrole affaiblit de manière significative le chaos climatique selon  The Rodale Institute. Évidemment, la réduction des gaz à effet de serre en général  l’atténue davantage. Ne mésestimons  et sousestimons pas les conséquences sur nos vies de notre dépendance au hydrocarbures : les tissus, les plastiques, les ordinateurs, le transport, l’agriculture.  Il est bon de s’en libérer une peu ou complètement pour augmenter notre flexibilité.
                Vous savez qu’en Arabie, pour faire du ski dans le désert, il faut 3500 barils de pétrole par jour! «Une grande partie de notre nourriture nous provient par avion et parcourt une  distance d’entre 1500 et 5000 km. Une petite augmentation du prix  du pétrole et la remise en question se fait rapidement et vlan pour notre vulnérabilité.  Vananda Shiva, une physicienne vouée à l’agriculture organique en Indes, nous demande de produire nos légumes ici , parce que les grandes multinationales achètent à petit prix d’immenses superficies de terres indiennes, pour faire pousser nos légumes, au prix d’un déplacement des paysans en ville, où chômage et ittinérance les attendent à leur insu. C’est pour ça qu’elle appuie de mouvement des Villes et communautés en transition, qui  veulent se départir du pétrole, pour augmenter la résilience et affablir les changements climatiques, au moyen d’un plan de descente énergétique. Au Kenya, des gens produisent des fleurs qui se vendent l’après-midi en Europe grâce à l’avion. Une toute petite augmentation du coût du kérosène et ces horticulteurs se retrouvent en chômage, selon l’auteur du livre : « Why Your World is About to Get a Whole Lot Smaller », Jeff Rubin. L’action de production locale de la nourriture est un exemple de relocalisation, expliquée longuement dans le livre «  Manger local », éditions Écosociété, que m’a fait connaître la merveilleuse organisation Aliments d’ici. Lorsq’une société relocalise ses activités, elle augments sa résiience, c’est-à-dire, sa capacité de robondir en cas de catastrophes.
                J’ai une bonne nouvelle qui me fait du bien lorsque je m’en rappelle! : Cuba a vécu artificiellement, de façon abrupte et imprévue une crise de pétrole, dans les années 1990, lors de la dissolution de l’URSS… et a réussi à s’en sortir!  Les gens ont d’abord maigri de 20 livres en moyenne, il y avait plein de rationnement d’électricité et de nourriture. Ces services dépendaient du pétrole.  Par le biais de la malnutrition, il y eu une augmentation des cas de cécités et  d’anémie. Mais des permaculteurs australiens sont venus donner un coup de main. Le Gouvernement a agi, beaucoup de mesures ont été prises. Le site de démonstration de permaculture a engendré des petits. La permaculture est une méthode flexible et multidimensionnelle  de production de nourriture nécessitant peu d’énergie.  Ici, les services communautaires du Montréal urbain, donnent des cours de permaculture. Voir : http://www.montrealpermaculture.org  En 2006, Fidel Castro a déclaré l’année de la Révolution en énergie. Quatre mille centrales de création d’électricité par le solaire et le vent ont été mises sur pieds, petites, décentralisées. Les écoles, les unité familiales, sont solarisées et ont adopté  l’efficacité énergétique. Il faut dire aussi que les Cubains sont solidaires, que le système de santé et d’éducation  fonctionne très bien même en période de crise. Tout cela est expliqué dans le DVD «  The Power of Community.  How Cuba Survived the Peak Oil» traduit en français, que vous pouvez voir à Montréal Post-Carbone. Il y aura justement une rencontre gratuite le 22 novembre sur l’alimentation. Il y aura un cycle de rencontres sur d’autres thèmes, tels le transport, l’habitation, la communauté. C’est à 19 heures, 4067 Boulevard Saint-Laurent chez Main Film. L’adresse courriel : resiliencecycle@gmail.com  Le site : http : //resiliencecycle.ning.com/
               

                La Havane grâce à l’agriculture urbaine, nourrit 50% de sa population. D’autres villes nourrissent 100% des habitants. La Havane pourrait-elle à son tour  contribuer à nourrir Montréal via une Alliance? Moisson Montréal ne devrait-elle pas acheter quelques terres en régions ou à Montréal même pour faire de l’agriculture à plus grande échelle? Pourquoi pas des serres qui récupèrent la chaleur gaspilée d’industries des parcs industriels ne produiraient-elles pas l’hiver? Gandhi disait qu’en plantant un arbre par chacun à chaque année pendant 5 ans, en Indes, il n’y aurait plus de faim en après 5 ans. En permaculture, il y a encouragement à la plantation en ville d’arbres à fruits et à noix, pour les protéine fibres. Ils appartiennent à la communauté qui peut se servir.
                À propos,  quel type d’agriculture voulons –nous? Si vous souhaitez participer à répondre à cette merveilleuse question, le physicien Patrick Déry, aussi agriculteur biologique au Greb (http://www.greb.ca),   vous invite à une journée de réflexion sur ce thème. Il a fait son invitation lors de son allocution  lue à la journée d’information sur les «  Villes en transition » ( vers une époque post-pétrolière) du 7 novembre dernier dont vous pourrez lire un bilan bientôt à villesentransition.net
                Lisons  ces mots très importants de M. Déry : «   Comme vous le savez tous, les crises énergétiques et climatiques modifierons considérablement nos modes de vie. Il va sans dire que l’agriculture sera sûrement le secteur qui sera le plus durement touché. Nous devrons alors trouver des méthodes de production alimentaire viables à long terme.             
             Or, trouver une viabilité , une permanence à notre production alimentaire est beaucoup plus complexe que l’on croit à prime abord. Nous ne pourrons pas revenir à l’ancien temps d’avant la révolution industrielle, où 20 à 30% des terres étaient nécessaires à l»’alimentation des animaux de trait, tout simplement parce que nous sommes sept fois plus nombreux. Même l’agriculture biologique ne pourra se poursuivre dans un monde post-pétrolier de la même façon qu’elle se pratique actuellement. Aussi, nous ne pourrons plus nous permettre de dilapider les ressources essentielles que sont le sol et les matières organiques .Et, il faudra étendre à l’ensemble de la production agricole le concept d’une production alimentaire viable à long terme et non seulement au jardinage.
                Les implications d’une agriculture viable sont si nombreuses et si importantes qu’elles touchent notamment à la façon dont nous aménagerons nos villes et villages autant dans leur dispersion sur le territoire, que dans leur dimension ou leur densité.
                La recherche de la permanence de la production aliimentaire touche tout le monde sans exception. Elle est fondamentale à la poursuite du monde. C’est donc pour cela que nous aimerions organiser, avec ceux qui en ont la possibilité et le désir, une journée de réflexion sur l’avenir de l’agriculture au Québec, dans le contexte des villes en transition. »
               
                J’ai beaucoup aimé le film « La donation », au point de le voir deux fois!  Il est vrai que je suis originaire de l’Abitibi et que je vibrais aux paysages… et certainement au contenu du film .L’ automobile était était omniprésente.L’essence aussi , donc!  Alors, c’est bel et bien à l’Abitibi post-pétrolière qu’il faut penser! Et tant qu’à y être, à Montréal post-pétrole…  À cet égard, le mouvement des villes en transition est positif, flexible et résistant  et l’esprit de célébration pulse.  Le sites francophone villesentransition.net  vous initie à ce modèle,  qui comprend maintenant 250 villes et communautés dans le monde. Elles veulent officiellement se départir du pétrole sans attendre l’exemple des gouvernements en se créant un « plan de descente énergétique », ou si l’on préfère, un plan de transition.   Le premier exemple de ce genre de plan origine de Kinsale en Irlande. Selon Odum, qui a écrit «  A Prosperous Way Down », nous pouvons connaître la prospérité avec moins d’énergie.  Commencez dans votre quartier; il y a des documents qui guident sur les étapes ou les moyens de rassembler des « transitionneux »! Pour l’instant, au Québec, Coaticook, Sutton, Boucherville et bientôt le quartier Villeray se lancent à l’aventure.
                Verra-t-on un film,  avec Élise Guilbault,  sur la transition excitante de l’ère actuelle à une ère basée sur des ressources renouvelables, s’intitulant, par exemple : «  L’éveil? » J’aimerais ça!
Claude Saint-Jarre 450-645-0626
p.s. j’ai fait de la radio communautaire sur le futur positif à Sherbrooke pendant 2 ans, vers 1985, j’ai traduit le document À la croisée des chemins paru dans Idées et Pratiques alternatives ainsi que dans le livre Alternatives d’ici et d’ailleurs; j’écris parfois bénévolement pour le journal syndical Le Col Blanc des employés de la ville de Montréal. Le caroussel du samedi matin m’a interviewé sur ma traduction . ( radio-canada)