jeudi 28 octobre 2010

Cuba post-pétrole: Si!

        Lorsque j’ai montré mon texte sur le pic pétrolier à Michelle Blais, co- responsable du journal Le Col Blanc , elle m’a demandé ce que sont les  les solutions.
         Il y a le modèle des villes et communautés en transition dont l’article faisait mention. Il y a la décroissance conviviale dont nous parlera Serge Mongeau dans une prochaine parution, l’agriculture viable dont nous entretiendra le physicien Patrick Déry, les solutions individuelles, communautaires et gouvernementales décrites dans les livres de Richard Heinberg, la permaculture, un système de production de nourriture – surtout en milieu urbain- nécessitant peu d’énergie, l’indépendance énergétique . Je diffuserai un entretien sur ce sujet. Normand Mousseau , physicien, a écrit sur le thème de l’Indépendance énergétique du Québec et le Rassemblement national des conseils régionaux de l’environnement fait une consultation nationale en 2010 sur le projet Québec  sans pétrole. Équiterre vient de publier un document s’intitulant : « Pour un Québec libéré du pétrole en 2030 ». Et enfin MCN21 publie son livre Maître chez-nous 21e siècle, pour viser l’indépendance énrgétique au Québec de toute énergie polluante importée ou non. Il n’y a qu’Équiterre qui parle de l’importante question de l’agriculture et un peu, le RNCREQ, par prudence, afin de ne pas faire peur aux gens . On est gras dur en projets.
                Nos voisins d’en d’sous ont aussi quelques beaux projets; je les mentionne  parce qu’Ils ont du sens pour nous,  qui sommes aussi d’Amérique
1,” Carbon Free and Nuclear Free . A Road Map for U.S. Energy Policy,” de Arjun Makhijani.  La doctoresse Hélène Caldicott, qui a fondé l’association des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire «gagnante du Prix Nobel de la Paix), a demandé à M. Makhijani de démontrer que les États-Unis peuvent se passer du pétrole et du nucléaire. Celui-ci a d’abord réagi en disant qu’il ne croyait pas  que c’est possible.  Madame Caldicott a insisté pour qu’il fasse le travail – et lui a fourni un an de salaire pour  qu’il s’y consacre en paix-. Makhijani a trouvé à sa grande surprise que les États-Unis  peuvent se passer de ces drogues.
2. «  A Real New Deal », de Richard Heinberg et un collectif de L’Institut Post-Carbone. C’est une proposition globale, pour une indépendance énergétique amériaine, qui comprend l’agriculture à la différence du livre prédédent ,  et qui s’adresse au Président Obama. Toutefois, c’est 32 ans en retard sur la proposition du Président Carter de 1977, de mettre l’équivalent d’un effort de guerre pour se départir de la dépendance au pétrole. Il avait installé des panneaux solaires sur le toit de la Maison Blanche, que Ronald Reagan s’est empressé d’enlever dès son entrée remarquée , au pouvoir! Ne serait-il pasd’ailleurs intéressant d’installer sur le toit de l’Hôtel de Ville actuellement en rénovations, une éolienne, un panneau solaire, un jardin et une serre pour l’hiver, en tant que symbole de désir de viabilité,  en tant que ville  membre des «  Maires pour la paix » ( il y en a 3000) et des «  Villes pour la protection du climat »?? Lorsque je suivais un cours d’agriculture urbaine d’une semaine, cet été, comme vacances, un professeur conférencier de sociologie pensait que c’est une bonne idée.
                                                                              Et Cuba alors…
                Ce dont je viens de parler appartient justement … aux projets… tandis que Cuba, c’est une expérience en grande partie déjà réalisée avec succès. Le World wildlife Fund considère Cuba comme la nation la mieux éduquéé, la plus en santé et la plus écologique de la planète. La Suède lui a décerné en 1999 le prix Nobel alternatif nommé le Right Livelyhood Award pour son agriculture organique avancée. Ce ne fut pas toujours rosecependant.
                Cette expérience  peut nous servir de modèle compte tenu bien sûr des différences climatiques  et culturelles.  **** Que s’est-il donc passé?***
                Au début de 1990, la dissolution de l’Union Soviétique a cessé livraison de pétrole à Cuba. C’était une crise pétrolière artificielle, donc, avec ses conséquences si importantes qu’un nom a été donné à cette période : la période spéciale en temps de paix. Notre crise sera différente : ce ne sera pas instantané.
                 Du jour au lendemain, il y a eu une réduction de 50% de la quantité de période disponible.   Remarquez qu’il est arrivé la même chose à la Corée du Nord, mais elle a choisi de ne rien changer et elle vit depuis ce temps en crise alimentaire car son système agricole industriel n’est que chimique et basé sur le pétrole.selon un artcle de Yes Magazine. Sa production céréalière a chuté de 50% . Il y a eu des famines et des centaines de milliers de décès par la faim, écrit Tony Boys, dans «  North Korean Food Crisis », 2004.
                Les exportations et les importations ont diminué de 80% et n’ont presque pas augmenté depuis selon les dires d’un représentant de l’embassade Cubaine à Ottawa ,fin octobre.  Il y eu de la famine, les gens ont maigri en moyenne de 20 livres. Il y a eu une recrudescence de cas d’anémie et une augmentation de cas de cécité, entend-on dans le vidéo : «  The Power of Community : How Cuba Survived Peak Oil, disponible chez www.communitysolutions.org
                Quatre centrales productrices d’électricité fonctionnaient au pétrole. Niet électricité sans fuel alors. Plus tard, lors de la Révolution énergétique de 2006, décidée par Fidel Castro, 4000 centrales de génération d’électricité régionales ont été crées.Elles sont  petites, décentralisées,  et nourries  par le solaire et le vent. Une grande efficacité énergétique a été voulue en changeant des lumières ordinaires pour des lumières efficaces en énergie, Les appareils comme les réfrigérateurs, les ventilateurs, les poêles ont été changés. Vingt-huit mille travailleurs sociaux ont parcouru le pays pour aider la population à effectuer ces changements. L’électrification des régions rurales se fait au solaire. Récemment, 2364 écoles primaires ont reçu des panneaux solaires. Le chargé des communications de l’Embassade Cubaine m’a dit que c’est très cher. Je lui ai dit que l’architecte écologiste William McDonough a été engagé par le Chine pour créer environ 8 villes complètement solaires afin de loger 400 millions de Chinois , avec une production de nourriture sur les toits  et la cuisson avec le gaz produit avec les déchets humains. Cet architecte raconte que c’est un cadeau de la Chine à l’Humanité car cette décision fera baisser de beaucoup le prix des panneaux solaires.
                Pour ce qui est du transport, je ne dirai que Cuba a acheté des millions de vélos de la Chine et qu’un moyen de transport public pour 300 personnes a été développé. Pour notre situation, les livres de Normand Mousseau sont explicites.
                                                           ***  La production de nourriture***
                L’exemple Cubain est essentiel pour nous, car son agriculture était, comme le nôtre, industriel et basé sur le pétrole.
                Vers 1993, une équipe australiene de permaculteurs est venu aider. J’ai essayé de savoir à temps pour la tombée de cet article les dessous de cette belle histoire, mais je n’ai pas réussi. La permaculture, c’est de la production de nourriture à petite échelle et avec peu d’énergie. C’est aussi un système agro-écologique systémique, c’est-à-dire global et à multifacettes comme par exemple tenant compte de l’architecture. Ils ont fait un centre de démonstration à la Havane. L’agriculture urbaine a été lancée. De l’agriculture sur les toits, sur les balcons, sur tous les lots vacants, sur d’anciennes places de stationnement au lieu des gazons.  80% de cette production est biologique. Le développement de fertilisants biologiques pour le sols et des bio-pesticides  s’est manifesté à un point tel qu’il y a actuellement de l’exportation.
                Les terres étatiques ont été démembrées et divisées en petits lots pour tout le monde et pour faire de petites coopératives de production et de vente. Sans tracteurs, que faire? Les personnes âgées qui se souvenaient comment faire avancer des équipes de bœufs, ont été engagées pour enseigner aux jeunes. En prime, les sabots de ces petites bêtes n’endommagent pas les sols. Les déchets de ces amimaux contribuent à fertiiser les sols en minéraux.
                La Havane produit actuellement 50% de sa nourriture et les banlieues et villes avoisinantes, à 100%.
                Certaines forces présentes chez le peuple Cubain ont été des atouts :
. l’entraide et la coopération spontanées. Beaucoup de gens qui jardinent donnent de la nourriture aux centres de personnes âgées, à des centres de petite enfance, aux femmes enceintes. Les Cubains sont optimistes. Il y a un partage de moyens de transport. Ici aussi il y a un partage, par exemple dans les jardins collectifs, où un  grand lopin de terre est cultivé par tous les jardiniers qui se partagent les fruits de la récolte. Il y a de l’entraide pour le partage du savoir et parfois une partie des récoltes va à une banque alimentaire.
. L’éducation du peuple est élevé.  Le taux d’alphabétisation est semblable à celui des États-Unis, ce qui aide à la compréhension de l’agriculture biologique, qui est à forte teneur en informations, quoique mes grands-parents faisaient cela sans un niveau d’instruction élevé.( utilisation d’algues, de poissons parfois et de déchets animaux dans la terre, simplicité et recyclage, à Kamouraska et dans le Madawaska.)
. Le système de santé fonctionne bien en permanence, crise ou pas. Il y a un médecin pour 167 personnes, deux fois plus qu’aux États-Unis. Beaucoup plus qu’ici aussi, je présume. Cuba exporte des médecins comme aide humanitaire. Avec 2% de la population, Cuba a 11% des scientistes de l’Amérique Latine. Avec une abondance de fruits et de légumes, la santé s’est accrue. La marche et le vélo ont contribué à augmenter le bien-être physique. La nécessité a enseigné à manger plus de légumes et fruits… mais les Cubains les apprécient maintenant.
                                                               Conclusion :
                Cuba a vécu une crise du pétrole et s’en est sorti. Notre crise sera plus graduelle mais puisque nous ne pouvons savoir exactement quand le manque à venir  nous affectera, nous devrions commencer maintenant à se préparer  car ça prend deux décades au moins pour le faire. Il reste pour Cuba à consolider ses solutions et pour nous, à commencer à penser à peut-être  débuter… Mais ne nous décourageons pas car toute l’action communautaire qui a déjà été faite au Québec est déjà un acquis valide pour le modèle des Villes et Communautés en transition. Profitez de la traduction en français présentée  dans le site : www.villesentransition.net
Claude Saint-Jarre

Références : .  Megan Quinn : Cuba’s Lessons for the World.
                          Yes Magazine: Peak Oil in North Korea and Cuba.
                          Le discours de 2006 de Fidel Castro, dans l’article precédent de Megan Quinn.
                            Le DVD The Power of Community : How Cuba Survived  Peak Oil.       

               
01-2010

Viva le prix Nobel de la paix!

Les 25 e t26 septembre j’ai assisté , en tant que journaliste bénévole,  au Congrès des médecins pour la survie mondiale, s’intitulant : L.’heure est venue! Guérissons la planète : donnons-nous un avenir viable et pacifique.
                Le conférencier Douglas Roche, écrivain, ancien diplomate , pacifiste ardent et auteur de 19 livres, a encensé Obama, parce qu’il est le premier président américain à s’exprimer résolument en faveur du désarmement nucléaire complet. Le président Obama  l’a affirmé  lors d’une réunion récente  du  Conseil de Sécurité des Nations Unies, où il a manifesté un leadership nouveau envers la communauté mondiale.  Il a brassé la cage en parlant de la responsabilité morale et légale de négocier et mettre fin aux armes nucléaires. Ces armes ne sont pas que des formes d’armements : elles ont le pouvoir de décimer l’environnement naturel  qui a sustenté depuis toujours l’Humanité. Elles peuvent aussi contaminer les populations civiles avec l’explosion, la chaleur et la radiation. Elles peuvent contaminer et détruire la chaîne d’alimentaire et les écosystèmes qui entretiennent la vie. Un « échange » même partiel, par exemple entre l’Inde et le Pakistan, provoquerait la famine dans le reste du monde, vu l’éparpillement des poussières quel’explosion propulse dans l’atmosphère. Elles bloqueraient suffisamment la lumière solaire pour raccourcir la période nécessaire à la pousse des végétaux dont on se nourrit. Déprimant n’est-ce pas?
                Par ailleurs, il est bien évident qu’une ville, si résiliente  et si post –pétrolière soit-elle, disparaîtrait en un clin d’œil si ces forces éclataient. À éviter donc.
                Il est décourageant d’imaginer ce qu’aurait pu faire pour l’éducation, la santé, pour le développement général, la faramineuse somme de 12 trillions de dollars qui a été dépensée pour créer ces armements depuis le début.
                Un sondage international démontre que tout le monde supporte la proposition que tous les pays signent le traité qui interdit toutes les armes nucléaires. Mais cette population est trop passive. L’élimination de ces armes nécessite une pression de la part de la société civile mondiale afin d’empêcher qu’elles explosent par choix ou même par accident. Il y a tout de même d’importants mouvements , comme les 3000 maires de villes pour la paix ( Montréal en fait partie)  et le mouvement Global Zéro. Et avec Obama, l’aspiration à un monde libre d’armements nucléaires devient une stratégie américaine de politique étrangère. La tâche de démanteler cette architecture de guerre froide est herculéenne selon Douglas Roche.
                Les médecins pour la prévention de la guerre nucléaire sont heureux de la position d’Obama. Toutefois, les militaires américains ne l’entendent pas tout à fait ainsi. Ils veulent conserver des armes. Pour ce faire, ils « raffinent » la doctrine de la dissuasion et y ajoutent cet élément : les Etats-Unis doivent protéger leurs alliés. Or, nous en sommes. Donc Monsieur Roche nous demande, nous de la société civile québécoise et canadienne, d’écrire des lettres à nos représentants politiques pour leur signifier que nous ne voulons  pas être protégés par des armes nucléaires. Vous pouvez vous renseigner sur le site Internet www.pgs.ca et participer à la campagne Ican ( international campaign to abolish nuclear weapons).  Arrêtons cette plus grande menace à la santé publique. Souhaitons que le prix Nobel à Obama lui donne une plus grande force pour y arriver. Entraidons-nous et aidons-le en signifiant notre désir d’harmonie.
                Pour clôre l’assemblée, des médecins ont fait face à la musique en jouant la pièce de Cat Stevens «  Peace Train », pendant que des images de champignons atomiques défilaient derrière eux. J’ai bien dit derrière… Merci!
Claude Saint-Jarre
2009-11

Faire un bond pour la souveraineté alimentaire.

        
La souveraineté alimentaire renvoie à la disponibilité et à l’accès en quantité et en qualité suffisante de nourriture. Par la Déclaration de Rome, nous y avons droit. Or, elle est menacée, ici même.
                           Que puis-je dire  de la nourriture?
1)    Manger est un plaisir. L’écogastronomie le sait, veut éduquer le goût, défendre la biodiversité et le terroir gastronomique écologique. L’organisme «  Slow Food » compte 100,000 membres mondialement, dont je suis. De plus un autre groupe local : «  Aliments d’ici »,  guide à «  vivre à l’échelle locale » par des événements annuels et des activités autour de l’alimentation locale.
2)     Nous ne savons pas ce que nous mangeons car l’étiquettage des OGM n’est  hélas pas obligatoire, contrairement au vœu populaire.
3)    Notre nourriture nous provient d’aileurs à 85% grâce au transport subventionné basé sur le pétrole.
4)     La production agricole, aussi subventionnée, pour les gros surtout, est elle-même  constituée de beaucoup de pétrole, comme nous apprend le livre «  Eating Fossil Fuels », via les pesticides, les fertilisants et les herbicides.
5)     Les pesticides causent beaucoup de cancers, me disait un médecin, lors d’un récent colloque à Sherbrooke, sur le thème de la prévention et la promotion de la santé,  dans le cadre des coopératives de santé et de la prise en charge de la santé,  par les groupe Hans, d’inspiration japonaise . Il y en  un tel groupe à la coopérative de santé de Contrecoeur. J’en suis membre, comme d’autres de Boucherville.
6)     Il y a un tarissement des réserves de pétrole. Bientôt, nous ne savons pas quand, le pétrole coûtera beaucoup plus cher. Même la médecine sera atteinte. Voir le site Internet : Health after Oil.
      Vous voyez notre dépendance complète envers ce produit. Le pétrole n’est toutefois qu’un vecteur parmi plusieurs, qui font que nous vivons une crise de civilisation, comme le montre un autre site Internet : Solutions locales pour un désordre global. C’est le titre également d’un film documentaire à venir ici, accompagné d’un livre.
      Nous sommes actuellement relativement à l’aise, mais c’est une aisance factice et précaire basée sur le pétrole dont le pic est atteint.  Nous sommes des futurs pauvres si nous ne réusissons pas à imaginer une vie sans pétrole et si nous ne réagissons pas collectivement et intentionnellement pour s’inventer une voie de sortie. Allons –nous manger? Qu’allons-nous manger? Réponse-remède : la voie est la construction d’un système alimentaire alternatif,  biologique post- pétrolier et post OGM, au sein d’une «  écorégion » post-pétrolière et pacifique comprenant une économie viable post-pétrolière axée sur les coopératives  caractérisées par des manufactures soutenues par la communauté, tout comme l’agriculture soutenue par la communauté.
      Les villes devraient acheter des terres agricoles pour que les citoyen(€)s puissent faire du jardinage collectif. Boucherville songe actuellement à en acheter une. Les Caisses Populaires devraient aussi acheter des terres agricoles pour leurs membres -  que l’on éduque à la coopération et au jardinage-  pour qu’ils aient la possibilité de faire  du jardinage collectif et contribuent à diriger notre épargne collective à bon escient incluant  le nez et la bouche! C’est un bel outil d’empuissancement. De la sécurité financière à la souveraineté alimentaire, un beau projet! Enfin, le Fonds de Solidarité de la FTQ devrait se consacrer à l’agriculture de proximité et soutenir nos fermiers et fermières dont plusieurs se suicident , sujet tabou  s’il en est un.
      Valorisons l’agriculture ainsi que ceux et celles qui la pratiquent. Un bon statut social, ça fait du bien. Merci et gratitude aux paysans et paysannes qui restent… et augmentons le nombre de petites fermes.
      De plus, on peut réfléchir au passage du produit national brut au produit national doux ainsi ainsi qu’au bonheur national et local brut!
      Je pense que «  La Bolduc » serait d’accord avec moi. «  Ah oui, on en a des légumes, des patates pi des tomates, ah oui, on en a des légumes ti di la ti da di lam!!
Claude Saint-Jarre 07-2010
     
                                                    
     

Vert ta ville!

Nous entendons de plus en plus parler de la nécessité de relocaliser l’agriculture à cause de l’augmentation du prix du pétrole, car un pourcentage élevé de notre nourriture parcourt une grande distance en avions, bateaux, camions,  avant d’atterrir sur nos tables. Le pétrole est aussi beaucoup utilisé sous forme de fertilisants ou de pesticides dans notre type d’agriculture. Sa disponibilité  commence à faire défaut. Le livre de Normand Mousseau : «  L’avenir du Québec passe par l’indépendance énergétique », en parle.  Une physicienne Indienne, auteure et agricultrice, Vandana Shiva,  suggère au Nord de produire ses légumes, car les multinationales, pour les produire , achètent à petit prix les terres des paysans qui rejoignent alors les chômeurs citadins, n’ayant plus leur moyens  de subsistance. Elle a fait cette suggestion sur You Tube et a  écrit : «  Soil, not Oil » entre autres.
                Le groupe montréalais Aliments d’ici retient ce point de vue et le met en pratique en donnant de l’information pour se nourrir de manière locale, saine, abordable et sereine. Des activités pratiques sont proposées sur le site : http//alimentsdici.info  Je collabore avec le groupe pour en faire une filiale bouchervilloise.
                À cet égard, il y aura un cours de jardinage collectif et écologique ayant pour but de partir un ou des jardins collectifs et de démocratiser la compétence dans ce domaine tout à fait nouveau de l’autonomie alimentaire, et de la joie de jardiner. Ceci dans le cadre d’une agriculture urbaine et périurbaine à commencer et  à développer, dans un esprit de revitalisation des terres agricoles et de nos jardins familiaux. L’agriculture organique contribue à séquestrer le carbone dans le sol et ainsi d’aider à adoucir le chaos climatique, selon le Rodale Institute.
                 Ce cours se donnera en collaboration avec la Métairie de Longueuil. Pour inscriptions :
Claude Saint-Jarre     

   

04-2010

Pour la souveraineté alimentaire à Boucherville

En réponse à monsieur Lalancette, je dirais que la Déclaration de Rome nous donne droit à la souveraineté alimentaire, en quantité et en qualité.
                Nous sommes actuellement en déficit en souveraineté alimentaire parce que notre nourriture nous provient à 85% de distances très grandes, parfois à 5000km, ce qui est coûteux en énergie et en gaz à effet de serre.
                Notre agriculture est pleine de pétrole, via les pesticides, les fertilisants et les herbicides.  Par ailleurs, il y a un tarissement des réserves de pétrole.  Nous devrions l’ abandonner au profit d’une agriculture viable,  avant que ce pétrole nous lâche. Une telle transition  prend 20 ans et il aurait été sage de le faire il y a  quinze ans!  Notre aisance est factice parce que basée sur la condition précaire du pétrole qui a atteint son pic. Nos sols agricoles sont infertiles, aussi  en «  pic », comme en témoigne le livre «  Slow Money ».
                Cela nous demande une relocalisation de l’agriculture, ce qui implique aussi que nous réapprennions à cultiver sans détruire, comme l’enseigne l’agroécologie . J’aimerais une telle école ici, au sein d’une écorégion à construire, selon les préceptes dont parle Emamnuel  Bailly dans le site internet : Solutions locales pour un désordre global.
                J’aimerais aussi que les Caisses Populaires donnent un cours de coopération aux membres, revoyant les enseignements d’Alphonse Desjardins et considérant les nouvelles  coop.-  Santé, pour que les membres se responsabilisant sereinement,  dirigent notre fortune collective pour notre plus grand bien,  à commencer par celui de la bouche et du nez.  Les Caisses Populaires devraient acheter des terres agricoles pour que leurs membres puissent faire du jardinage collectif biologiquement.  De la sécurité financière à la souveraineté alimentaire, un beau trajet!
                Ainsi, l’achat d’une terre agricole pour un jardin collectif, par l’équipe du maire Martel,  me semble une très bonne idée. Il n’y en pas assez! Je préfère que le jardin soit permanent,  entouré de pratiques agricoles écologiquement responsables. Le territoire complet devrait être protégé de la construction immoblière en permanence. Je jardinerai  avec plaisir,  lorsque les sols seront sécurisés, soignés.
                J’ai demandé à une assemblée municipale récente,  qu’une résolution soit votée pour qu’un plan d’action soit pensé dans le but de réduire l’utilisation du pétrole, qu’une politique d’agriculture urbaine et péri-urbaine soit votée et que Boucherville soit une zone libre d’OGM.
Claude Saint-Jarre

La souveraineté alimentaire et le Fonds de Solidarité.

«  Notre agriculture est un désastre », disait Roméo Bouchard dans une  conférence,  cet automne en Estrie.
            En plus, notre nourriture nous arrive en grande partie de l’extérieur, vu le prix relativement bas du pétrole et du transport subventionné. Mais cela va changer à cause du pic du pétrole ,  qui force l’extraction de nouveau pétrole à partir des sables bitumineux de l’Alberta, à des coûts environnementaux et financiers faramineux, nous enseigne le film documentaire H2Oil.
            Lorsque le prix du pétrole sera à 3$ le litre, dans un avenir proche mais avec une date incertaine, disait Serge Mongeau en commentant ce film, et que la nourriture importée coûtera beaucoup plus cher, nous en importerons moins . Il faudra compenser en la prenant localement. Nous devrons donc ré-inventer une agriculture d’ici, même urbaine et périurbaine,  la reconstruire et la financer, en visant l’objectif de l’autosuffisance alimentaire. Les fertilisants, herbicides et insecticides étant à base de pétrole, la nouvelle agriculture de proximité sera faite de façon écologiquement responsable, si nous voulons… manger.
            Les Chinois veulent acheter plusieurs de nos terres agricoles de fermiers qui en arrachent,  recevant peu d’aide. Beaucoup se suicident, sujet tabou s’il en est un. Sauvons donc nos agriculteurs, agricultrices, nos fermes et nos terres agricoles. Occupons-nous de notre agriculture, nous aurons du pain sur la planche.
            Pour qu’avec la Bolduc, nous puissions chanter : «  Ah oui, on en a des légumes, des patates, pis des tomates, des batteraves pis des carottes, ah oui, on en a des légumes … », je pense que le Fonds de Solidarité ferait un bon geste en s’ajustant à cette nouvelle réalité dans sa mission  et en investissant solidairement.
Ressources :
-         Lacroix Michel, Le principe de Noé ou l’éthique de la sauvegarde,  Flammarion, 1997.
-         Petrini Carl, Slow Food, Manifeste pour le goût et la diversité, Éditions Yves Michel, 2005
-         Solidarité rurale, Pour un Québec fort de ses communautés
-         Conférence nationale sur l’avenir des territoires, Shawinigan, 20-21-22 avril 2010. Sondage à remplir dans Internet.


Suggestions pour le gouvernement municipal de Bouchervile : Bonsoir. Tout d’abord,

félicitations au maire et à toute l’équipe pour avoir été choisie lors de  l’élection.
                J’apprécie les éléments : réduire la consommation du pétrole et adhérer au réseau des villes en transition, dans votre programme électoral.
                Nous devons tous et toutes imaginer comment mieux vivre sans pétrole. Selon le rapport Hirsch, nous avons besoin de 10 et de préférence 20 ans, pour faire la transition d’une sorte d’énergie à une autre pour une société.
                Notre groupe communautaire le fera en imaginant et réalisant un plan de descente énergétique, ou plan de transition,  mais je suggère que la municipalité façonne aussi une politique de la transition.  Elle comprendrait le transport, la santé, les services médicaux, les communications, l’électricité, l’habitation, le commerce , la nourriture, l’éducation.  C’est ma première suggestion.
                 J’appartiens au groupe Boucherville en transition, qui fait partie du mouvement des initiatives des villes et communautés en transition vers une époque post-pétrolière pour s’affranchir de notre dépendance au pétrole et ses dérivés, avant qu’il  nous quitte, pour plus de résilience et pour affaiblir le chaos climatique.
                Pour le moment, je parle en mon nom personnel. Le groupe fera des demandes à la municipalité plus tard; parmi celles-ci, des nouveaux règlement à inventer, pour une situation nouvelle,  et peut-être abroger ou amender certains.
                Je suis conscient que vous avez le pied sur les freins pour pouvoir accoucher d’un budget, mais j’ai des suggestions qui  attendent depuis six mois l’occasion  de s’exprimer. D’autre part,  ces idées pourraient   inspirer et être traduites dans le budget si vous les avez en tête pendant que vous le préparez pour que le grand commencement, commence justement!
                La relocalisation de la production de nourriture est une part importante des conséquences  du pic du pétrole. Nous devrons de plus en plus nous nourrir nous –mêmes, de façon viable, c’est-à-dire sans pétrole. Il y aura une journée de réflexion sur ce que nous voulons que soit cette agriculture viable cet hiver, souhaitée par le physicien  énergétique et agriculteur Patrick Déry et moi-même. Si vous désirez y participer, faites-le moi savoir .  Ce genre d’agriculture enlève du carbone dans l’atmosphère et le mets dans le sol, selon la physicienne Vandana Shiva, auteure de Soil Not Oil  ainsi que selon le Rodale Institute.D’ailleurs, Vandana Shiva, supporte le mouvement des Villes en Transition sur You Tube, en disant que si nous produisons nos légumes ici, les multinationales achèteront moins de terres en Inde aux paysans pour produire les légumes du Nord ,- ce qui diminuera la migration  en ville des paysans, lesquels  se retrouvent vite en chômage. De plus, la réduction de notre consommation de pétrole réduit les gaz à effet de serre et empêche la fonte des glaciers qui nuirait aux fermiers qui sont loin d’ici selon Lester Brown dans son article : «  La pénurie alimentaire pourrait-elle abattre la civilisation? ».
                Concrètement, à Boucherville, il faudra des jardins collectifs dans tous les districts, des cours pour enseigner à la population à produire de la nourriture et à la conserver. Il faudra donc  travailler sur le zonage et chercher à fractionner les terrains agricoles environnants dans nos limites territoriales, mais peut-être en collaboration avec d’autres entités municipales proches, partageant la même biorégion, pour permettre une agriculture à petite échelle et diversifiée. Il faudra en complémentarité approfondir et solidifier les liens avec les producteurs et productrices locaux dans les marchés locaux. Le journal de Monde rapporte qu’à Boulder, grâce à une politique d’acquisition foncière de terres agricoles, qu’elle peut louer aux exploitants, cette ville peur renforcir son économie locale, car seulement 1% de la nourriture y est produite. Mais les gens dépensent 650 millions de dollars pour se nourrir. Pourrions-nous faire pareil?
                De plus, à la réunion du 22 novembre de Post-Carbone Montréal sur le thème de l’alimentation, la suggestion a été faite de faire un inventaire cadastral afin de pouvoir mettre en liens les espaces disponibles pour le jardinage et les personnes aptes à jardiner.
                En écologie industrielle, il y existe des parcs éco-industriels où les déchets d’une industrie servent de ressources à d’autres industries. On pourrait penser en ce sens et particulièrement, chauffer des serres avec des résidus de chaleur et produire en toutes saisons.
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                Je suis reconnaissant au Maire pour le désir de s’associer aux Maires pour la paix. J’assistais à une rencontre des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire et des médecins pour la survie mondiale, qui parlaient de paix et de changements climatiques, en septembre dernier. Ils appuient cet important mouvement de 3000 Maires.
                Je propose en outre deux autres associations : avec les Villes pour la protection du climat ainsi que qu’avec Post-Carbon Cities. Oakland et Portland aux États-Unis ainsi qu’Hamilton au Canada se sont dotées d’un plan de 20 ans pour se départir du pétrole. La Suède également.  Le site Internet www.energypreparedness.org montre des résolutions votées, en ce sens.
                Enfin et surtout, je propose que notre ville signe le Oil Depletion Protocol. Il s’agit de collaborer pour réduire sa consommation de 2% par an. Il y a un site Internet et un livre à ce propos.
                En résumé :
-          Faire sa politique de transition
-          Refaire le zonage agricole pour démocratiser l’agriculture
-          Offrir des espaces pour des jardins collectifs
-          Participer à la réflexion sur l’agriculture viable, si le goût y est.
-          Adhérer au réseau des Villes Post-Carbone
-          Adhérer au Protocole de la déplétion du pétrole
-          Penser à un parc-éco-industriel et particulièrement à des serres pour la production 4 saisons.
Claude Saint-Jarre, 24-10-09
450-645-0626